Pourquoi imposer un projet de gazoducaux premières nations?
- Danaé Bourassa

- Oct 29, 2025
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Updated: Mar 30
Par Danaé Bourassa
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De 2012 à maintenant, on a voulu imposer un projet de gazoduc, le Coastal GazLink, sur le territoire traditionnel de la nation Wet’suwet'en. Cela contredit l’article 32.2 de la Loi sur les Déclarations des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, mais en oubliant cela, quelque chose d'autre me dérange grandement. Ce projet auquel les Autochtones sont grandement opposés et qui viole plusieurs lois, cause toute une polémique. En effet, ils ont essayé, plusieurs fois, de bloquer le chantier et la route et plus de 75 Wet’suwet’en ont été arrêtés et ce, souvent sans motif raisonnable.

En 2019, la GRC a fait preuve d’une violence injustifiée, tirant les hommes par leurs longs cheveux, s’acharnant sur deux d’entre eux pour leur asséner des coups de pieds et des coups de poing à la tête. La GRC a humilié les Autochtones, les a arrêtés, mais n’a rien fait pour les autres citoyens non autochtones présents en soutien avec eux. Elle a de toute évidence fait preuve de discrimination raciale et de violence policière! De plus, il y a aussi eu de l’intimidation, des menaces et de la surveillance illégale de la part de la police. Est-il nécessaire de rappeler que les personnes autochtones et noires ont « entre quatre et cinq fois plus de chances » d’être interpellées, par rapport aux personnes blanches. À cause de la criminalisation illégale des peuples autochtones défendant leurs droits, je trouve ce sujet très important et préoccupant.
Un peu d’histoire
En 2012, TC Énergie propose un projet : construire un gazoduc, le Coastal GasLink, reliant Dawson Creek à Kimiat afin d’exporter du gaz naturel en Asie. Le projet passe au travers des Rocheuses canadiennes… et de plusieurs territoires autochtones non-cédés, dont celui des Wet’suwet’en. Les chefs héréditaires de la nation s’y opposent fortement et prennent les choses en main : ils organisent des blocages de routes, ils manifestent, etc., en plus de recevoir du support de partout au pays (même au Québec, où on bloque plusieurs voies ferrées du Canadien Pacifique ainsi que la route 344). Au cours de ces protestations, la GRC a arrêté, brutalisé, harcelé, espionné et intimidé plusieurs Wet’suwet’en et journalistes. La criminalisation des contestataires du projet a d’ailleurs été dénoncée par Amnesty International. En plus, le Coastal GasLink possède plus de 50 cas de non-conformité aux conditions de leur permis environnementaux et menace d’aggraver encore plus la situation des femmes autochtones assassinées ou disparues. Malgré tout, après une bataille de plus de 10 ans, le gazoduc entre officiellement en opération en novembre 2024.
Certains pourraient se dire que le Canada apprendrait de ses erreurs et respecterait les droits territoriaux des Autochtones comme écrit dans la Loi sur les Déclarations des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones dont le pays est signataire, mais non… Le gouvernement signe, avec l’Alberta, une entente pour la construction d’un pipeline reliant la province avec la Colombie-Britannique. En plus d’une coalition de groupes des Premières Nations fortement opposés au projet, notamment pour des raisons environnementales, plusieurs groupes écologistes dénoncent l’absurdité de cette idée qui permettrait à l’Alberta de déroger aux règles environnementales présentement en vigueur pour la construction du pipeline. Steven Guilbeault, alors Ministre de l’Environnement, a même décidé de démissionner de son poste tant il était révolté de l’accord entre Mark Carney et Danielle Smith (première ministre de l’Alberta).




Bravo Danaé pour ce belle article!